LEÏ au Consulat : une amarre sensible, presque trop sonorisée
Le duo vocal présente Amarre avec des invités et une intensité rare.
J’y étais jeudi au Consulat pour la release party d’Amarre, et la salle a tout de suite basculé dans une écoute attentive, presque suspendue. Laurène Barnel et Carine Habauzit n’ont pas besoin d’en faire trop : elles tiennent l’espace avec le souffle, le grain, les micro-variations de timbre, et une façon très physique d’habiter chaque phrase.
Le répertoire, nourri de traditions orales méditerranéennes, ne sonne jamais “musée”. Sur scène, ça vit, ça circule, ça s’adresse. Avec le Chœur d’Hommes de la Villette, La Cour des Contes et Tom Couineau, la soirée prenait une forme réellement collective, pas un alignement d’interventions décoratives.
Le point qui m’a le plus frappée, c’est aussi le seul vrai bémol : la prise micro. La sonorisation ajoutait une interface entre leurs voix et nous, une couche de matière qui éloignait un peu la sensation directe. C’est dommage, parce que ces voix n’ont pas besoin d’être “augmentées” pour porter. Quand le son se faisait plus nu, l’émotion montait tout de suite d’un cran.
Je repars de ce concert avec une certitude : LEÏ a une ligne claire, exigeante, et profondément habitée. Amarre n’est pas juste un disque de plus ; c’est une proposition vivante qui gagne encore en force quand on la voit devant soi.